|
|
|
|
Voici mes yeux
Pour voir
Les myriades de couleurs
La sarabande des formes
Et la lumière qui jongle
Avec les heures du jour
Voici mes oreilles
Pour entendre
La musique des mots
La symphonie des sons
Le rire des enfants
Et les cris de détresse
Voici ma langue
Pour goûter
Les produits de la terre
L'eau rieuse des sources
La saveur d'autres langues
Et le sel d'autres peaux
Voici mon souffle
Pour respirer
L'éventail des parfums
Soulever ta poitrine
D'émotions innombrables
Et te garder en vie
Voici mes mains
Pour créer, caresser
Pour recevoir, donner,
Et mes jambes pour porter
Tes élans les plus fous
Jusqu'aux confins du monde
Voici ma science
Siècles de connaissance
D'hypothèses, d'expériences,
Mosaïque de cultures
Savoirs entretissés
Multiple vérité
Voici mon peuple,
Disparate, bigarré,
Cent fois persécuté
Cent une fois relevé
Du sang et de l'injure
Plus fort et plus mature
Voici mon coeur
Plus vaste que le ciel
Plus puissant que les rois
Plus solide que le roc
Plus patient que le temps
Plus doux que la caresse
Plus tendre que l'aurore
Plus éperdu de toi
Que nul autre ne peut l'être
Qui même brisé t'accueille,
Te console, te reçoit
Te comprend, te pardonne
Et ne bat que pour toi
Et le coeur de mon coeur
Lui-même t'appartient
Et mon corps, et ma vie,
Si tu les veux, sont tiens
Le plus précieux de moi
Vois, je te l'ai donné
Et je n'ai plus de moi
Que ce que tu en fais
Alors, dis, qu'en fais-tu ?
Paroles de promeneurs