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Perspective infernale
D’échecs en enfilade
A me rendre malade
Cortège d’amertumes
Bilan couleur bitume
L’horizon est bouché
Mon affligeant passé
Me jette à la figure
Ratages, ratés, ratures...
Chaque jour, je me mine
Plus que ne m’achemine
Tache de pousser les murs
En gardant bonne figure
Me force à faire face
Sans faire la grimace
Quand ne suis plus que miettes
Débris de moulinette
Dans ce tunnel si sombre
Pavé de mes décombres
Se meurt en moi l’espoir
De m’extirper du noir
J’ai perdu même la hargne
De soulever mes montagnes
Et mon seul équilibre
C’est la chute… libre !
J’égrène à l’infini
L’épuisante litanie
D’une histoire qui se tord
Sans résoudre son sort
A quoi bon ressasser
Me plaindre, me dénigrer,
Me poser en victime
A rien non plus ne rime
Mais comment font mes pairs
A qui la vie sourit
Jusque dans leurs galères
De la joie, suis-je bannie ?
Qu’ai-je fait de travers
Ou que me manque-t-il
Est-ce un destin pervers
Qui m’accable et me file ?
Un pénible héritage
Me prive-t-il des bonheurs
Associés à mon âge
Et plombe-t-il mes heures ?
Et si, comme on le dit,
Là-haut, il y a un Dieu
Qu’ai-je fait contre Lui
Pour qu’Il m’aide si peu ?
Perdue dans ta spirale
Perspective étriquée
Tu ne vois ni ne sais
Où te mène le dédale
Tes ruines d’aujourd’hui
Peuvent devenir demain
Les bases fermes et l’appui
Que cherchent encore tes mains
La semence qui attend
Son heure, profond sous terre
N’imagine un instant
Rencontrer la lumière
Et même si le silence
Te semble aveugle et sourd
Crois-moi, son pas de danse
Te guide et t’accompagne… avec amour.
Paroles de promeneurs