Samedi 15 mars 2008


 



If...

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you
But make allowance for their doubting too,



If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;



If you can dream--and not make dreams your master,
If you can think--and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;



If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools;



If you can make one heap of all your winnings
And risk it all on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;



If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!";



If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings--nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much;



If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man, my son !




Rudyard KIPLING







Si…

Si tu peux rester calme alors que tous tes proches
Semblent perdre la tête et vouloir t'en blâmer,
Si tu peux croire en toi face à tous leurs reproches
Mais comprendre leur doute et toujours les aimer;



Si tu peux espérer sans te lasser d'attendre,
Si tu ne sais mentir à ceux qui t'ont menti,
Si celui qui te hait, tu ne peux le lui rendre,
Mais sans parler en Sage, ou sembler trop gentil;


Si tu rêves - mais sans que ton rêve t'envoûte,
Si tu penses - mais non vers d'abstraites hauteurs,
Et si tu sais passer de Triomphe en Déroute
Sans te laisser berner par ces deux imposteurs;




Si tu peux supporter qu'un vil faquin dévie
Le sens de tes propos pour abuser les sots,
Ou voir briser ton œuvre et, penché sur ta vie,
Avec de vieux outils assembler les morceaux;



Si tu peux risquer tous tes gains à pile ou face,
Simple lot au hasard d'un seul coup suspendu,
Tout perdre, et repartir de tes débuts, sans place
En toi pour un soupir sur ton pari perdu;



Si tu forces ton cœur, tes nerfs, tes tendons, même
Quand las de t'obéir ils s'en sont détournés,
Et si ta Volonté, résistance suprême
À ton vide total, leur dit toujours : « Tenez ! »


Si tu sais rester noble en parlant à la foule,
Si tu sais rester simple en côtoyant les rois,
Si pas plus que l'ami, l'ennemi ne te foule,
Si tout homme t'est cher, mais nul n'a trop de poids;



Et si tu peux remplir la minute exigeante
De secondes valant la course que tu fis,
La Terre t'appartient et - leçon plus grisante :
- Tu seras un Homme, mon fils !




Traduction d'Hervé-Thierry SIRVENT 
(2003)


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C'est un  texte connu, mais que j'ai toujours plaisir à relire...
Un IMMENSE merci à ENK, sans qui j'aurais explosé l'ordinateur avant d'avoir réussi à trouver la bonne traduction et à obtenir la mise en page que je souhaitais... !

Vous pourrez lire d'autres traductions du même texte, toutes aussi talentueuses, en cliquant ici.

par Ptitsa publié dans : Graines entrelacées (pour "Passeurs d'espoirs") communauté : Passeurs d'espoirs
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Commentaires

Pour ma part, j'aime bien celle d'André Maurois... c'est sans doute parce que c'est celle qui m'a permis de découvrir ce poème...
commentaire n° : 1 posté par : Quichottine (site web) le: 15/03/2008 01:32:50
Je trouvais moi aussi celle d'André Maurois très belle, mais trop éloignée du texte d'origine auquel elle n'est pas très fidèle... voilà pourquoi j'ai préféré l'autre, qui est aussi moins connue et qui, à mon avis, gagnait tout autant à l'être.
réponse de : Ptitsa (site web) le: 15/03/2008 09:58:24
j adore ce texte aussi
je te souhaite un bon samedi
commentaire n° : 2 posté par : esperance (site web) le: 15/03/2008 07:58:30
Bon samedi bises.
commentaire n° : 3 posté par : Fancri (site web) le: 15/03/2008 09:06:51
Merci et bon samedi à vous aussi !
réponse de : Ptitsa (site web) le: 15/03/2008 10:05:40
J'ai mis un texte de lui il y a peu de temps
Bisous, prends soin de toi
Amitiés et gros bisous, Flo
commentaire n° : 4 posté par : Flo-Avril2 (site web) le: 15/03/2008 11:04:12
Je ne me souviens pas de ce texte et après être passée chez toi pour le (re)lire, je ne l'ai pas trouvé, snif ! Peut-être m'indiqueras-tu le chemin...?
réponse de : Ptitsa (site web) le: 16/03/2008 00:12:18
si tu peux...
si je peux....
Si nous pouvons...
Nous serons des hommes...mais parfois... essayons nous?
commentaire n° : 5 posté par : Mahina (site web) le: 15/03/2008 13:37:57
Nous, je ne sais pas... Je sais que j'essaye, moi. Même si, comme Francis, je suis encore bien loin d'avoir réussi dans toutes les matières.... ; )
réponse de : Ptitsa (site web) le: 16/03/2008 00:14:35
Les architectes d'intercoeurs / Metz et le monde entier...

Fouille, fouille, fouille, et je sais nous allons voir très vite dans les Architectes d'intercoeurs de magnifiques textes... Je fais de même, j'ai déjà fait de même dans les Passeurs d'espoirs... Bises Ptitsa, AMITES multiples. Marc de Metz
commentaire n° : 6 posté par : Marc de Metz (site web) le: 15/03/2008 13:41:49
Oui, j'ai vu que tu as déjà généreusement alimenté les Passeurs de tes multiples offrandes ! Merci Marc !
réponse de : Ptitsa (site web) le: 16/03/2008 00:20:12
Je ne pense pas être tout cela...
Loin de là.

Bonne soirée Ptitsa.
Bises.
commentaire n° : 7 posté par : Francis (site web) le: 15/03/2008 18:39:34
Ne t'affole pas Francis, moi non plus... mais ce n'est pas grave, ce texte ne me concerne pas, je suis une femme !!! Plaisanterie mise à part, même si on ne remplit pas toutes les conditions, c'est un idéal vers lequel on peut toujours tendre... ; )
réponse de : Ptitsa (site web) le: 16/03/2008 00:17:23
J'ai toujours aimé ce poème de Kipling ! je l'ai même encadré chez moi !
Et ma foi, je pense que si plus de parents jouaient leur role de parents
Tous nos fils seraient des hommes !
commentaire n° : 8 posté par : lili-la-rebelle (site web) le: 15/03/2008 19:07:38
C'est l'apologie de la sagesse... Difficile pour nous, petits humains, d'atteindre à cette réflexion-attitude. Et quand on croit l'avoir atteint, alors, c'est l'orgueil ou la vanité, d'avoir de telles pensées, qui nous en éloignent. Difficile de trouver le juste milieu. Jean Gabin le savait bien...
commentaire n° : 9 posté par : lorange-violette (site web) le: 27/03/2008 19:59:09

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