N'ai ni trompeuses moeurs, ni la plume belliqueuse
N'aime tirer sur les coeurs à coups d'humeurs fielleuses
Mais je découvre, hélas, qu'en ce bel Over-Blog
Rôdent à gueule couverte de pernicieux bouledogues
Affichant élégante et suave vitrine
Ils vous attendent, au fond, armés de barres à mines
Et s'ils vous pressent, charmeurs, de bien vouloir entrer
C'est pour mieux vous broyer dans leurs crocs acérés
J'ai lu ici et là preuves de leurs meurtrissures
Et porte moi-même, aux ailes, traces de quelques morsures
N'aurai ni la bêtise d'entrer en vendetta
Ni non plus la lâcheté de nourrir l'omertà
Amis, il est fort triste que chiens de cette meute
Sévissent dans le secret, sans éclat ni émeute ;
Qu'ils gâchent, par la traîtrise de leur double jeu
Le goût des vraies rencontres et le plaisir des yeux
Face à ces dangereux, sans laisse ni muselière
Je passe mon chemin et préfère me taire ;
Ni pigeon ni dindon ne serai de leur farce
Je suis un colibri de belle et pure race !
Du bon bouc émissaire, ne me sens nulle étoffe
Si l'on m'aboie après, c'est radical, - pof !
Je déserte la sphère de l'animal furax
Un hargneux ne va pas me faire perdre mon axe !
Il est assez de monde dans le grand Blog-Over
Pour ne pas m'attarder chez des zusurpateurs
De fausses routes, ma foi, nous en empruntons tous
S'il me faut en changer, bien ! Mais que ce soit sans frousse
Voici comment s'acquiert une leçon de prudence
Je serai moins naïve, mais je garde confiance
-Et les dogues, dites-vous. A présent, qu'en fais-tu ?
-Et s'ils te prennent en chasse, où t'abriteras-tu ?...
-J'en fais... que je m'exhorte, pour eux, à la miséricorde
Pauvres êtres qui ne savent que griffer, mordre, prendre,
Et qui, victimes d'eux-mêmes, tendent ainsi la corde
A l'amitié... pour mieux se pendre.
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