Mercredi 6 février 2008
Le bouton dit à la rose fanée:
"Tu t'es lassée bien vite de la vie.
L'eau s'offre en abondance et l'espace nous est ouvert :
Pourquoi t'es-tu déjà cassée ?
Parmi tant d'herbes et de fleurs
Nulle autre ainsi ne s'est flétrie.
- La rouille, dit la rose, qui ternit mon miroir
N'est pas de celles qu'on efface.
Oui, le vin de mes jours était limpide :
Je l'ai bu, il me reste la lie.
Le destin ne m'a pas en vain retiré mon éclat:
S'il me l'a pris, c'est pour te le donner.
C'est pour te faire place
Que ce jardinier me maltraite.
Que peut-on dire au temps pillard ?
Que peut-on faire quand arrive la mort ?
Tu entres en ce jardin au moment où j'en sors,
Celui qui t'apporte m'emporte.
Il a inscrit au registre d'azur
Ce que, moi, j'ai oublié de compter."
Le bouton de rose s'ouvrit et jouit de l'air et de l'eau
Sans penser qu'il se flétrirait.
En la taverne où nous vivons
Le temps est échanson et nous buvons tous à sa coupe.
Parvîn ETESÂMI

Merci au maître échanson de remplir chaque jour pour nous une nouvelle coupe jusqu'à ras-bord... Je m'en vais de ce pas savourer chaque gorgée de celle d'aujourd'hui. Bonne journée à vous tous qui trinquerez avec moi !
par Ptitsa
publié dans :
Graines de palabres (petites histoires à raconter)
communauté :
papierlibre
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